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cæur un Acte d'une contricion parfaite ; il paroît que les personnes qui menent une vie reglée, & qui ordinairement parlant ne commettent gueres de pechez mortels, ont une raison particuliere de s'y appliquer encore plus que les autres; parce que les motifs qui peuvent servir à faire détester le peché mortel, ne servent pas également à faire détester le peché veniel. Car ' la crainte de l'enfer & l'esperance du Paradis qui servent ordinairement à exciter l'attrition dans un pecheur coupable de quelque peché mortel,n’entrent pas au moins directement dans la douleur qu'on a du peché veniel, puisque le peché, veniel par luimême ne fait ni perdre le Paradis, ni meriter l'Enfer.. · La Contrition, soit parfaite, soit imparfaite a deux pare, ties ; l'une regarde le passé, & sous ce rapport elle s'appelle douleur, détestation, regret , & s'exprime par ces paroles : Je suis fâché d'avoir offensé Dieu; je voudrois de tout mon cæur ne l'avoir point offenfé : l'autre partie regarde l'avenir , & sous ce second rapport elle s'appelle bon propos, résolution , & s'exprime par ces paroles : Je suis absolument résolu de ne plus pecher, je le promets à Dieu. Cette douleur ou cerce détestation du passé doit être surnaturelle, universelle & souveraine.

Elle doit être premiere. ment surnaturelle, & dans son principe, & dans son objer : dans son principe, parce qu'elle doit être l'effet d'une

grace actuelle & d'un mouvement du Saint Esprit, fans quoy avec toutes les lumieres de nôtre esprit & tous les efforts de notre cour, avec le secours des formules les plus vives & les plus touchantes qui se trouvent dans les Livres, pour nous aider à former un Acte de Contrition ; nous ne pouvons jamais en former un veritable. .

C'est pourquoy un des prin. cipaux Toins quand on s'approche du Sacrement de penitence, doit être de demana der à Dieu cette grace avec toute la ferveur possible ; mais il est bon en même temps de s'y exciter autant qu'on le peut , par la considération des motifs les plus capables de nous toucher, comme font la bonté infinie de Dieu,

fa misericorde , l'amour extrême qu'il nous a témoigné en mourant pour nous sur la Croix, l'opposition insurmontable qu'il a au peché, la confideration de nos ingratitudes aprés tant de bienfaits; de nos infidelitez aprés tant de graces, de nôtre perfidie aprés tant de promesses ; la patience continuelle de Dieu à nous souffrir dans nos déreglemens malgré l'abus que nous faisons de ses graces , & dans le temps même quelquefois qu'il exerce ses vangeances für tant d'autres moins coupables que nous ; sa bonté à nous prévenir lorsque nous nous en sommes rendus le plus indignes, & fa facilité à nous pardonner les crimes les plus énormes, dés que nous revenons fincerement à lui, . Cette douleur doit être pa. reillement jurnaturelle dans son objet & dans son motif: ce ne doit pas être, comme il n'arrive peut-être que trop souvenţ, un simple mouvement de l'amour propre, ou d'une crainte naturelle, ou d'une confusion purement humaine ; mais ce doit être une douleur & une tristesse dų cæur que cause la vûë de Dięü justement offensé & irrité par nos pechez , ou qui est excitée par la crainte des châtimens'éternels que nos pechez ont pû nous attirez, & par la perte de la grace de Dieu & de ses récompenses, qui en est la suite necessaire. Elle ne doit pas tellement nous envisager nous, mêmes qu'elle ne considere en mê, me-temps Dieu, Qu comme

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