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permission de leurs Maîtres, sous prétexte de necessité, ou même de charité. 4o. A ne point reveler les choses de la maison qui doivent demeurer fecrettes, & à ne point publier les défauts & les vices de leurs

Maîtres.

CHAPITRE VI.
Des devoirs des Riches envers

les Pauvres.

T Es Riches doivent don.

ner l'aumône aux Pauyres, & les secourir dans leurs necessitez. Ce n'est pas seule. ment à leur égard un conseil, c'est un précepte qui les oblige sous peine de peché mortel , & qu'ils ne peuvent par. consequent violer sans s'exposer à la damnation éternelle. 1°. Il n'y a que le peché mortel qui nous fasse perdre la

charité. Or saint Jean déclare ..Joan.3. que celui qui ayant des biens de vrt' ce monde , verra son frere dans la

necessité, & aura le cæur fermé pour lui, ne peut avoir en soy l'amour de Dieu. 2o. Lorsque le Fils de Dieu marque dans l’Evangile la Sentence qu'il prononcera au jugement dernier contre les Réprouvez, il nous apprend qu'il condamnera les riches au feu éternel pour n'avoir pas donné l'aumône. Or il n'y a que le peché mortel qui nous rende dignes de l'enfer. 3o. L'Evangeliste qui nous rapporte la damnation du mauvais Riche., ne paroît point en marquer d'autre caule que fa dureté envers La

zare,

zare, qu'il voyoit à sa porte dans une extrême necessité, sans penser à le secourir. Ausí faint Paul avertit-il son disci.ple Timothée, non-pas seulement de conseiller, mais d'ordonner aux riches de donner l'aumône : Divitibus hujus fae

1.Tim.67 culi præcipe, divites fieri in bonis";

"u17 operibus, facilè tribuere. L'aumône n'est donc pas une auvre de surérogation, comme plusieurs se le persuadent, mais d'obligation. Cependant les riches ne songent gueres à s'accufer dans leurs confeffions, de la negligence qu'ils ont à s'acquitter de cette obligation.

Il est difficile de déterminer quelles sont précisément les regles qu’on doit garder dans la distribution des aumônes. Quelques-uns veulent

e.

que les riches donnent la di. xième partie de leur revenu aux pauvres, & il semble que le Seigneur nous ait marqué son intention là-dessus, parce que dans l'ancien Testament il ordonne aux Ifraëlites de lui consacrer la dixiéme partie de leurs biens en la donnant aux Levites. Et dans le Nouveau, l'Eglise semble exis ger la même chose, en ordonnant que les Fideles donnent la dixmę des fruits de la terre aux Ministres des Autels, D'autres prescrivent à un pere de famille de donner autant aux pauvres, qu'il donne pour l'entretien d'un de ses enfans, & il semble que ce soit la régle que faint Augustin veut qu'on garde dans la distribution des aumônes.

Quoy que ces régles soient

bonnes, elles ne paroislent pas entrer dans un allez grand dé- . tail pour bien déterminer å · l'égard de chaque particulier l'étenduë de cette obligation. C'est pourquoy nousen allons établir d'autres, sur lesquelles il sera aisé à toutes sortes de personnes de se régler ellesmêmes par rapport à ce devoir.

Premiere Regle.

Les aumônes doivent être proportionnées à la grandeur des biens que possedent les riches, & à la grandeur de la misere des pauvres. Quand on a beaucoup de bien, & que les miseres sont grandes, un riche ne satisfait pas à ses obligations, s'il ne donne de grandes aumônes. Ainsi un homme qui a de grands biens, & qui

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