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n'a point d'enfans, ne sçauroit trop donner, sur tout dans les temps où les necessitez des pauvres sont grandes. Un homme qui a de grands biens & peu d'enfans, doit beau. coup donner: mais s'il a beaucoup d'enfans & par consequent beaucoup de charges, comme ces charges diminuënt ses biens, elles empêchent qu'il ne soit obligé à d'aussi grandes aumônes, quoy qu'elles ne le dispensent pas d'en faire selon son pouvoir.

Seconde Regle, Comme la necessité du pauz vre est le fondement de l'o. bligation qu'a le riche de donner l'aumône, aussi le superflu du riche est la matiere de l'aumône, selon cette maxime de

Saint Augustin : Superflua divis tis sunt necessaria pauperis. Le superAu du riche est le necesa faire du pauvre.

Troisiéme Regle.

Il y a par rapport aux be. soins de la vie presente trois sortes de necessitez, qui doi. vent regler l'obligation des riches à l'égard des pauvres. Une necessité extrême , une grande necessité, & une necessité ordinaire. On appelle neceflité extrême celle où se trouve une personne qui est dans un danger prochain de perdre ou la vie, ou tous les biens, ou son honneur, si elle n'est secouruë. Une grande nécessité est celle qui peut aisément devenir extrême , fi on n'y apporte le remede con

venable : celle est celle d'une malade qui manque de secours & de remedes dans la maladie ; celle d'un artisan qui manque d'outils pour gagner sa vie par son travail ; celle d'un homme chargé d'enfans, qui faute de quelque argent pour satisfaire les creanciers, est en danger de de languir long-temps dans une prison. La necessité commune est celle se trouvent les pauvres qui gagnent leur vie en mandiant.

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Quatriéme Regle. Comme le superflu & le neceffaire se peuvent confiderer sous les mêmes rapports; on peut envisager l'un & l'autre , & par rapport à la vie, & par rapport à l'étát. On

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appelle necessaire à la vie,tout ce qui sert tellement à l'entretien & à la subsistance, qu'on ne puisse presque ab. solument s'en passer ; & c'est ce que saint Paul reduit à la nourriture & au vêtement , lorsqu'il dit : Ayant donc de 1. Timor. quoy nous nourrir, & de quoy nous vêtir, nous devons être contens. Le necessaire à l'état ren. ferme les choses, sans quoy nous ne pouvons vivre dans la bienseance que demande nôtre état & nôtre condi. tion. De même on appelle fuperflu par rapport à la vie , les choses desquelles nous pouvons absolument nous pafTer pour vivre:& fuperflu par rapport à l'état , les choses sans le secours desquelles nous pouvons soûtenir & conserver la bienseance de nôtre état.

Cinquiéme Regle.

Dans la necessité extrême du pauvre, le riche est obligé de donner ce qui peut se regarder comme superflu à la vie, quoyqu'il soit même necessaire å l'état. C'est le sentiment de saint Thomas & des autres Theologiens. La raison qu'ils en apportent est, que la vie du pauvre, ordinairement parlant, est préfes rable à cette efpece de bienseance que semble demander l'état du riche : C'est sur cette regle que faint Ambroise a fait lui-même cette decision si nette & fi précife : Pasce fame morientem ; non pavisti, occidifti : Donnez à manger au pauvre qui meurt de faim; fi vous ne le faites , VOLS

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