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reux, qu'il jugeoit qu'on ne pouvoit s'y trouver que pour des raisons presque indispensables, & qu'en prenant tous les menagemens que la prudence Chrétienne peut suggerer ; nous devons penser qu'aujourd’huy que les choses ont bien changé, il en porteroit un jugement tout different.

Supposé que le bal fût demeuré dans les bornes où il étoit au temps que S. François de Sales a écrit, & que la licence n'y eût pas introduit les déreglemens qui s'y voïent à présent, il seroit encore permis de s’ent tenir aux regles pleines de sagesse qu'il a données : mais depuis que ce divertissement est devenu une assemblée tumultueuse, où toutes sortes de personnes dé. guisées de toutes les manieres,

font reçûës indifferemment, & où il y a tant de facilité aux jeunes personnes de l'un & de l'autre sexe , de se parler & de s'entretenir avec toute la liberté que donne le dé. guisement des habits & du visage ; l'experience ne fait que trop voir qu'il n'y a gueres de spectacles où il y ait plus de danger que dans cesui-là, & dont par consequent on doive davantage s'abstenir. C'est ainsi qu'en a écrit , non un Solitaire peu instruit de la maniere dont les choses se passent dans le monde ; mais un des hommes de la Cour qui en pouvoir parler avec le plus de connoissance

La comedie & l'opera doivent être mis dans le même rang. Rien certainement ne renverse plus absolument tou. tes les regles & toutes les más ximes de la Morale Evangelique, & n'est plus directement opposé à l'esprit du Christia. nisme que ces sortes de spectacles. L'esprit du Christianisme est un esprit de penitence & de mortification, de recüeillement & de priere, de pureté & de modestie, de charité & de douceur. Or les sentimens que ces spectacles inspirent sont entierement op. posez à toutes ces vertus, & ne sont propres qu'à fomenter les passions & les vices contraires. Aussi lorsque les Saints Peres se sont élevez avec tant de zele & de vigueur contre les spectacles, ils n'ont pas crû, pour en détourner les Fidéles, pouvoir leur apporter une raison plus forte que la qualité de Chrétiens

qu'ils portoient, & par laquel. le ils avoient renoncé solemnellement à toutes les pompes & à tous les vains amusemens du siecle.

Pourquoy prendre part encore aux pompes du demon, que vous avez détestées dans vôtre Baptême, disoit Tertullien en parlant aux Chrétiens de son temps; & où regnent les pompes du demon avec plus d'éclat qué sur le theatre & dans les spectacles ? C'est-là que ce que le monde a de plus capable de séduire, & que la Religion condamne & reprouve le plus hautement, est loué, & en quelque sorte consacré. Peut-on aprés cela les regarder comme des divertissemens permis & innocens ?

Tout ce qui s'y représente

& toutes les circonstances dont ces représentations sont accompagnées, en font voir sensiblement le poison & le danger. Quel est d'ordinaire le but des pieces qui s'y joüent ? De tourner la pieté & la Religion en ridicule, de rendre méprisables la pudeur & la modestie , d'autoriser les foi. blesses les plus honteuses, & les désordres du cæur les plus criminels. On y voit les plus grands crimes fattez & déguisez d'une maniere qui n'est propre qu'à les faire aimer, les passions les plus dangereuses menagées avec art, pour les faire entrer plus aiTément dans le cæur, soûtenuës d'ailleurs par des exemples illustres & par d'heureux succez ; & tout cela est expos fé aux yeux des Spectateurs,

par

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