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fres corps

dens n'arrivent pas ; mais je crois que causant une compression sur les tuyaux répandus dans la partie où de tels corps sont retenus , ils arrêtent le sang qui se glise dens les pores & dans les interstices des chairs , où par son sejour & par la fermentation il se corromp & forme la matiere de l'abscés. Si quelques balles de plomb ou d'au.

de semblable nature sont res. tez un long espace de tems sans que l'abscés y soit survenu , on peut croire qu'ils se sont trouvez dans des lieux allez spacieux pour ne pas donner occasion à ce desordre ; ou que s'étant glissez dans les interstices des muscles , ils n'ont pas interrompu le cours des humeurs. Les autres accidens qui arri. vent ordinairement aux playes d'armes à feu, sont aussi causez par le deffauc de la circulation, comme il sera observé dans la suite de ce discours , où l'on fera voir que les tentes & les dilatans entretenus dans ces sortes de playes,s'opposent à la separation de l'escharre, à la resolution des parties contuses, à la decharge & au degagement de tout ce qui est interesse.

Qui connoîtra bien le cours du sang & des humeurs; l'union & l'arranges

B

gan.

couvert; & confiderant que les jointu.

res sont froides , & sans chair, il ajoute • que la chaleur naturelle de ces parties s'éteint aisement, principalement lielles sont exposées à la froideur de l'air ; ce sont les termes de cet Auteur qui avoit accoutumé de faire la suture en pareilles rencontres pour défendre ces fortes de . playes des attaques de l'air.

il repete encore plus bas , qu'on ne doit pas laisser les playes des jointuras découvertes, ni exposées au froid exterieur , parce qu'il y a danger d'extinction de la chaleur naturelle, & de grene , ou si cela n'arrive pas, l'on voit rarement qu'il se false aucune coction en la playe.

Comme ces parties sont tres foibles, dénuées de la chaleur , & que les humiditez qui y abondent sont allez remplies de sels pour devenir acres & corrohves, sur tout lorsqu'elles sont retenuës

par

le moien des tentes; ces mêmes humiditez en s'infiltrant dans les porofitez des fic bres nerveuses ne inanquent pas aussi de les endurcir & de les rendre callcuses; c'est ce qui conduit fi rouvent les playes à fistule, L'on remarque même que s'il arrive quelque alteration dans le sang, ces matieres en deviennent fi mordi..

en

cantes qu'elles carient les os , &ruis nent toutes les parties qu'elles couchent. Les long & frequents pansements peuvent encore produire , par les actaques de l'air, de semblables accidents, augmentant les concretions de l'acide ; & diflipant facilement le peu d'esprits & de chaleur dont ces parti es sone pourveuës.

Toutes ces chofes font d'une extrê. me import ance, & méritent bien qu'on y. fasse les plus serieuses reflexions. Si jamais la raison à quelque droit de l'emporter sur la coûrume, c'est particulierement lorsqu'il s'agit de la vie des hommes ; elle eft affez precieuse pour qu'on doive y avoir égard, & se fanger du meilleur parti en fa faveur, Après tout,

il le semble

que

la tepuration d'un aussi fameux Auteur qu'est FAB. D'AQUAPENDENTE, doit donner quelque crediс à mon opinion ; mais je dirai encore avant que de finir ce chapitre, que si les playes des articles sont rebelles & degenerent assez fouvent en fiftules, il n'en faut pas tant aeculer l'imbecilité naturelle de ces parties,laquelle dépend de la constirution & de la Cubstance rendineuse & cartilagineuse qui les forme , aulli - bien que

de leur mouvement qui y attire conti; nuellement des humeurs, la maniere irritante dont plusieurs Chirur. giens les traitent.

CHAPITRE XXX.

De la Jambe. XX X. Observation ; d'un.

ulcere à la malleole interne causé par une playe -mal guerie , faite à la jambe par un éclat de grenade.

N nommé la Grandeur premier U

garde de M. le Maréchal de Cas tinat General des Armées du Roy e13 Italie , étant au Siege de Luxembourg en 1684. avoir reçû un coup d'éclat de de grenade à la jambe gauche qui lai avoit laissé un ric vers. Ixial lzole interne lequel n'avoit jamais pu se fermer.

Etant à Pignerol au commencement de l'année 1692. il eut envie de se faire guerir de cet ulcere qui étoit forc ancien, & qui lui tenoit lieu de cautere. Il trouva un Chirurgien assez facile ; qui sans prévoir les accidents qui pouvoient arriver , & fans confiderer le mauvais temperament du sujet , lui pansa & cicatrila son ulcere.

impures de

ce

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Mais peu de tems aprés , il eût' touc licu de s'en repentir , car les humeurs

corps cacochyme qui avoient pris leur cours par cette voye , ne trouvant plus d'ifluë , s'accumulerent peu-à-peu dans le membre , & par leur sejour acquirent un assez grand degré de malignité pour causer une gangrene.

Il le forma une : tumeur ou éminence en la partie moyenne & interne de la jambe , qui fut d'abord prise par son Chirurgien , fort peu entendu dans la connoillance des tumeurs, pour un phlegmon, ce qui l'obligea sans consulter davantage de commencer par des : faignées qui furent réiterées cinq ou fix : fois.

Les matieres rerentes dans la partie : ne pouvant ; faute de chaleur & de : disposition d'organes , parvenir à une parfaite coction, manifesterent leurs ; mauvaises qualitez & corrompirent une : bonne partie de la jambe. La gangre. ne parut , le Chirurgien fit une ouverture à l'endroit le plus éininent, d'ou: il sortit un peu de ferofité færide ; voyant enfin que le mal augmentoit d'un moment à l'autre , l'alarme ptic au inalads & au Chirurgien , & ils denn:

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