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LES ENSORCELÉS,

ou Jeannot Et Jeannette.

Parodie en un aile en proje j mêlée de chants j jtr. Septembre i7S7- (')

GUILLAUME.

^1R: Ah! Ji t'en tâte, fi t'en goût', fi t'en as.

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v i ) La fcène fe parte au Château de Madame d'Orvilk.

de Jeanne'te; c'eft elle qui lui baille fa dot; il faut que je I'i fafle ma cour:aile vient de m'envoyer charcher; c'eft apparamment pour me propofer de lui vendre ma petite jument dont elle a envie. Voilà une bonne occafion pour li parler de Jeannette.

Madame d'Orville arrive, & propofe à Guillaume le marché de fa petite jument; celui ci, fans l'écouter, lui parle de Jeannette , ce qui produit des équivoques très-plaifanres; à la fin ils s'entendent; Guillaume propofe de troquer la petite Jument contre Jeannette & fa dot. Madame d'Orville y confentirait, fans la répugnance qu'elle a de .:êner l'inclination de Jeannette , qui aime Jeannot,fils de fonFermier. Guillaume lui apprend que ces deux enfans fe croyent enforcelés, & font venus le confulterfurles tourmens que l'amour, qu'ils ne connaiffent pas, leur fait éprouver. Guillaume compte profiter de leuc erreur, il fe charge de la guérifon- de Jeannette, & Madame d'Orville de celle de Jeannot. Lorfqu'elle eft fortie, ce jeune homme vient derechef confulter Guillaume , auquel il expofe aiufi fou mal:

O T

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Je fens, quand j'voyons Jeannette,
Du plaifir & du chagrin;
Je n'fais pas ce que je fouhaite,
Et le defir va fon train;
Quand ai* m'regarde, je grille ,
C'a m'fait pardre la raifon..
Les yeux tant doux d'une Fille ,
Avant-ils queuque poifon î

Je buvons de belle iau claire 2
Pour appaifer ce grand feu 5
Je nous j'tons dans la riviere y
Et je n'y reftons pas pour peu ;.
Je mettons dans not' falade
Des herbes de toutes façons,
Et j' n'en fuis pas moins malade j
Ces remed'là font pourtant bons.

Guillaume lui dit que c'eftun charme que Jeannette lui a jettè; & lui ordonne de ne la plus regarder.

J E A, N NOT.

'}.*"' Air: Adieu ma chere MaîtrctTe. .

'.'.' v.:- . Ah ! Guillaume , votre recette

Ne in'eft pas d'un grand fecouts^

/

J'ons biau n'pas r'garder Jeannette,
Hélas! Je la voyons toujours.

Guillaume acheve d'effrayer Jeannot, en lui difant qu'il courra le loupgarou, & que le diable lui tordra le col; mais il lui donne un fecret pour repoufler le charme de Jeannette, & l'allure que Madame d'Orville achevera fa guérifon.

Jeannette arrive à fon tour, jpour confulter Guillaume, qui s'offre luimême pour la guérir du mal que lui fait Jeannot; mais elle n'ajoute pas foi à ce remède. Madame d'Orville furvient &<rfe fait expliquer comment Jeannot a donné le fort à Jeannette ; elle répond que c'eft par un bouquet & par un baifer; elle fe promet bien de lui tout rendre, fans oublier le baifer. Madame d'Orville fort & lui dit d'oublier Jeannot & d'aller fe divertir avec fes com- . pagnes; Jeannette trouve que ce'a eft plus aifé à dire qu'à exécuter, & voyant venir Jeannot, elle fort pour exécuter les ordres que fa Maraine lui a donnés & pour aller chercher tous les prëiens qu'il lui a faits; elle revient bientôt avec \;>â$i un panier où il y a des rubans & un

bouquet; ils fe reprochent l'un à l'auv

tre le mal qu'ils éprouvent.

JEANNETTE.

Air: Je m'en vais à la Riviere..

Souvians toi d'un jour de fête,
Que tu nrdonnis un bouquet j
MTattachant d'un air honnête,.
M'embraffant quand ça fut fait..
Ça Jeannot, en bonne foi,, ,
Diras-tu.que c'n'eft pas toij

< JEANNOT..

Dis moi quel pouvoir m'attire

Dès l'aurore fur tes pas j

Je m'déplais où tu n'es pas ,.

Je languis & je foupire,

Ça Jeannette,.en bonne foi,

Qu'cft-c'qui caufe mon mariyre i

Ça, Jeannette , &c.

JEANNETTE.

La nuit pour peu que j'fommeille,,
Dans mes rêves je te vois j
Ea furfaut j'grête L'oreille,

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