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de Dieu, on craint même de voir ce qu'on ne peut pas connoître. O sagesse hauraine & profane, je te crains , je t’abhorre, je ne veux plus c'écouter. Il n'y a plus que l'Enfance de JE s U s que je prétens suivre. Que le monde insensé en dise tout ce qu'il voudra, qu'il s'en scandalife même. Malheur au monde à cause de ses scandales ! C'est l'oprobre & la folie du Sauveur que j'aime. Je ne tiens plus à rien. Nul respect humain, nulle crainte des railleries & de la censure des faux fages, les gens de bien même qui sont encore trop enfoncés par sagesse en eux-mêmes, ne m'arrê teront pas. Quand je verrai l'étoile, je leur dirai comme saint Paul aux fide

les encore trop atachés aux bienséances 1.Cor,IV.10.

mondaines & à leur raifon; Vous êtesSages en JESUS CHRIST; & nous, nous sommes infenfé's en lui.

Heureux dessein ! mais comment l'acomplir ? O vous , Seigneur , qui l'infpirez, faites

que

je le suive. Vous qui m'en donnez le désir , donnez-moi ausfi le courage de l'éxécuter. Plus d'autre lumiere

que

celle d'enhaut ! Plus d'autre raison, que celle de sacrifier tous mes raisonnemens ! Tais - toi , raison présomptueuse : je ne te puis soufrir. O

Dieu , Vérité éternelle, souveraine & pure , venez être l'unique raison qui m'éclaire dans les ténebres de la foi.

Sur la Conversion de S. Paul.

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E viens à vos pieds, ô Seigneur Je

SUS, plus abatu que Saul ne le fut aux portes de Damas. C'est votre main qui me renverse ; j'adore cette main, c'est elle qui fait tout. O toute puissante main, ina joïe est de me voir à votre discretion. Frapez, renversez, écrasez. Je viens, ô mon Dieu , fous cette main terrible & miséricordieuse. En me renversant, éclairez-moi, tou. chez - moi, convertissez-moi comme Saul. Mon premier cri dans cette chute, c'est de dire: Seigneur , que voulez- A. IX. 6. vous que je faffe? O que j'aime ce cri! Il comprend tout ; il renferme lui seul toutes les plus parfaites prieres , & toutes les plus hautes vertus. Avec le maître point de conditions ni de bornes. Que voulez-vous que je fasse ? Je suis prêt à tout faire & à ne faire rien, à ne vouloir rien, & à vouloir tout, à loufrir sans consolations, & à goûter les consolations les plus douces. Je ne vous dis point, ô mon Dieu : Je ferai

de grandes austérités, des renoncemens dificiles, des changemens étonnans dans ma conduite. Ce n'est point à moi à décider ce que je ferai. Ce que je ferai c'est de vous écouter , & d'atendre la loi de vous. Il n'est plus question de ma volonté, elle est perduë dans la vô tre. Dites seulement ce que vous voulez; car je veux tout ce qu'il vous plaît de vouloir , non seulement pénitences corporelles, mais humiliations de l'efprit , facrifices de santé, de repos, d'amitié, de réputation, de consolation intérieure, de vie temporelle, & même de ces consolations sensibles qui sont un avant-goût de l'éternité. Tout cela eft entre vos mains. Donnez, ôrez, qu'importe ? Faites, Seigneur, & ne me consultez jamais. Ne me montrez que vos ordres , & ne me laissez qu'à obéir.

Qu'en quelque épreuve amere & douloureuse où vous ine merriez , il ne me reste que cette seule parole: Que voulezvous ? Renversez-moi, comme Saul, dans la poussiere, à la vûe de tout le genre humain : mais renversez-moi en sorte

que je ne puisse me relever. Aveuglez-moi , comine lui; reprochez-moi mes infidélités ; je veux bien qu'on les [cache , & je dirai volontiers, comme Saul, à la

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verti

face de toutes les Eglises : J'ai été infi-
dele, impie , blasphémateur , persécu-
teur de Jesus-CHRIST. Il m'a con-

pour ranimer l'espérance des pé-
cheurs les plus endurcis , & pour

donner un éxemple touchant de la patience avec laquelle il atend les ames les plus égarées. Venez donc me voir, ô vous tous qui oubliez Dieu, qui violez la loi , qui insultez à la vertu ; venez , & voïez cette main charitable qui m'aveugle pour m'éclairer , & qui me renverle pour mg relever. Venez admirer avec moi cette miséricorde, qui se plaît à éclater dans l'abîme de mes miseres. Seigneur , loin de murmurer dans ma chute , je baise & j'adore la main qui me frape. Voulez-vous me faire tomber encore plus bas ? je le veux si vous le voulez ; que voulez-vous que je falle?

Je sens , ô mon Dieu, la vérité & la force de cette parole : Il est dur de régimber contre l'aiguillon. O qu'il est dur de réfifter à l'atrait intérieur de votre grace! Qui eft-ce qui vous a jamais résisté ,, Job. IX. 4. son qui a trouver la paix dans cette fiftance ? Non seulement l'impie & le mondain ne goûtent aucune paix, jufqu'à ce qu'ils se tournent vers vous ; mais l'ame que vous avez délivrée des

!

liens du péché, ne peut jouir de la paix
si elle réliite encore par quelque réser-
ve ou quelque retardement à cet aiguil-
lon perçant de votre Esprit, qui la pous-
se au dépoiiillement, à l'enfance, à là
more intérieure. La prudence résiste,
elle assemble mille raisons ; elle regar-
de comme un égarement la bienheu-
reufe folie de la croix. Elle aimeroit
mieux les plus afreuses austérités, que
cerre fimplicité & cette petitesse des
Enfans de Dieu , qui aiment mieux être
enfans dans son sein,que grands & fages
en eux-mêmes. O que ce combat est
rude! qu'il agite l'ame' qu'il lui en coû-
te pour facrifier sa raison & tous ses
beaux prétextes ! Mais aussi , sans ce sa-
crifice , nulle paix , nul avancement:au
contraire , le trouble d'une ame que
Dieu presse , & qui craint de voir juf-
qu'où Dieu la veut mener pour lui arra-
cher tout apui d'a'nour propre. O Dieu,
je ne veux plus vous résister. Je n'hési-
terai plus, je craindrai toujours plus de
ne faire pas assez, que de faire
veux être Saul converti. Après ce que
vous avez fait pour ce persécuteur , il
n'y a rien que vous ne puisiez faire d'u-
ne ame pécheresse. C'est parce que je
fuis indigne de tout, que vous pren-

trop. Je

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