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Telle feul, réfléchit qu'il eft plus avantageux pour lui que Fatime époufe un Payfan, & il abandonne' les intérêts de Mario. Arlequin arrive en rêvant, Trivelin lui propofe de fe charger de remettre à Mario, la lettre que la Signora Fatima va lui donner; Arlequin ne parait pas l'écouter, Trivelin continue & lui dit: Je donnerai un beau ruban pout en faire préfent à Nina, ta bonne amie»

ARLEQUIN.

-Que dites-vous de Ninaf Où eft Nina?Oùeft-elle.?

TRIVELIN.

Ah! Ah! Le nom de Nina te .ré-{ veille, tu l'attends ici je gage.

ARLEQUIN.

Signor, fi.

TRIVELIN.

La Signora Fatima va venir ici te' donner une lettre que tu m'apporteras, & je te donnerai de quoi faire demain, à la foire, un joli préfent à Nina, m'entens-tu?

ARLEQUIN.
A Nina.?

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TRIVELIN.

Oui à Nina.

ARLEQUIN.

Un préfent?

TRIVELIN.

Oui, un préfent, qui la rendra encore plus belle.

Arlequin confond la lettre & le préfent, Nina & Fatima , ce qui produit uue fcéne entre lui & Trivelin, qui finit par lui dire; refte feulement ici; la Signora Fatima va venir qui t'expliquera le refte.

ARLEQUIN.

Oui, j'attendrai ici Nina, car elle m'a promis d'y venir.

Arlequin feul cherche différens amufemens en attendant l'arrivée de Nina, car, dit-il, il n'y a rien qui caufe plus d'ennui que de s'ennuyer; mais il ne peut parvenir à fe diftraire. Ah! continue-t-il, malheureux que je fuis, elle ne viendra pas, je meurs d'impatience; je fuis mort, me voila enterré. Il fe couche & fait le mort.

NINA.

ArUqulno mio.

ARLEQUIN.

J'entens une voix qui me reflufcite, 6 Nina> mia cara, te voilà donc enfin?

NINA.

Oui me voilà, me voilà, tiens me Yois-tu?

ARLEQUIN.

Oui, je te vois, je crains encore de me tromper, es-tu Nina? Aflurément.

• NINA. Il me femble que oui.

ARLEQUIN.

Je crois que tu as raifon, viens donc que je t'embrafTe, que je te mange.

NINA.

Bellement donc, point de folie; je fommes dans le village, je ne fommes pas aux champs.

ARLEQUIN.

Dans le village! Eh! qu'importe?

NINA.

Si fait vraiment ça importe, ylia ici tout plein de contrôleux.

ARLEQUIN.

Mais quand je rions enfemble par bonne amiquié, gnia rien à contrôler, ça ne Fait mal à perfonne.

NINA.

C'eft ce qui me femble itou; Se fi pourtant on ne trouve pas bon que les filles batifollent avec les garçons, à caufe qu'on dit que l'honneur ne veut pas le permettre.

F AT I ME, à part.

Voici une converfation qui doit être curieufe; écoutons.

ARLEQUIN.

L'honneur! l'honneur! l'honneur eft une bête; car puifque j'ai de l'amitié pour toi, laraifon veut que tu en ayes pour moi ; & la raifon eu plus raifon-. nable que l'honneur.

NINA,
Apurement.

ARLEQUIN.

Je n'entens parler que de ft'honneuri qui eft-il donc, l'honneur ? Apprens-Ie moi.

NINA. N I N A.

: Eh! mais je te le demande à toi Brème? --...-.

ARLEQUIN.

Maistuasplusd'efprit que moi, car tu fais lire & je ne le fais pas moi ; c'eft à'toi à me dire qui eft l'honneur.

NINA..

Je n'en fais pourtant rien: mon pere vient par fois me farmoner fur ft'honneur, n'fait que m'dire qje je l'Tarde, & il ne me dit point ce que c'eft: le moyen de l'gardef?

ARLEQUIN.

Il me fouvient que ma grand-mere me difait que l'honneur était une chofe plus précieufe que l'or, les diamans, les pafTemens de foye; fi cela eft, ce n'eft donc pas à faire à nous mitres Bayfans, d'avoir dThonneur. . -,

NINA.

t Oh ! j'nous pafferons bien de fte braTerielà.

ARLEQUIN.

Et toi, qu'eft-ce que tu fais del'hon-; ueur?

Tome I, S

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