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MOULIN A EAU

POUR RECEPER LES PILOTS,
INTENTÉ

: PAR M. POMMIERS,

INGÉNIEUR DES PONTS ET CHAUSSÉES.

LA description suivante de cette machine est le Mémoire même que M. Pommiers a remis à f Académie: je n'ai pas cru devoir y rien changer; c'est l'Auteur qui pa le.

Les moyens dont on s'est presque toujours servi pour fonder les piles des ponts, ont été de former des batardeaux & de faire l'épuisement de leurs parcs avec différentes machines rrès-dilpendieuses, sur-tout lorsqu'on a une grande profondeur d'eau à vaincre , afin de battre les -pilots & poser le grillage à sec , ainsi que les affiles suffisantes pour s'élever au dessus des plus basses eaux. Malgré les contre-batardeaux qu'on est dans l'obligation de faire pour éviter les filtrations, étant comme impossible de draguer parfaitement tous les fables du premier batardeau , sur - tout lorsque la profondeur d'eau est considérable , on ne parvient que très-difficilement à dessécher le parc, parce que la grande hauteur d'eau extérieure occasionne par fi pesanteur l'ouverrtire de plusieurs fources de fond, qui font d'autant plus grandes que les eaux ont de hauteur: non-seulement cette difficulté constitue de grandes dépenses, mais encore on a le chagrin de voir souvent les batardeaux emportés par des crues

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"' imprévues , ce qui vous tait perdre l'ouvrage d'une ^7 5 3- campagne.

.49*' if seroit donc important de trouver un sûr moyen de mmmm" fonder sans le secours des épuisemens , en battant les piIo:s , & posant le grillage dans l'eau avec autant de folidité que si on travailloit à soc.

M. Labelye, Ingénieur au service d'Angleterre, commença en 17?8 à fonder, par encaissement, le pont de Westminster sur la Tamise, où il supprima la pratique ordinaire des batardeaux; man aussi trouva-t-H dans cet ouvrage une facilité qui ne fe rencontre pas toujours : 1c fond de l'emplacemene ayant été jugé assez folide pour se dispenser de piloter, c'est ce qui a été jusqu'à présent la grande difficulté, non pas pour enfoncer les pilots, mais pour en receper les têtes fur un même niveau , afin que !c grillage puiiïc les recouvrir & porter également partout.

M. Belidor, dans la deuxieme partie de fon Architecture Hydraulique, tome II, donne la description d'une machine à receper les pilots au nive.ui du grillage , & qui íe meut à l'aide de vingt-huit hommes ainsi qu'il est supputé; car cette machine n'a pas encore été mise en usage. Ces hommes tirent & poufsent la scie sur un sens perpendiculaire aux Ames de ta pile, ce qui tranche rout ensemble un seul rang des pilots : on a tour lieu d'espérer qu'elle réussira dans fon exécution dans le cas pour lequel elle a été composée , ce qui n'a lieu que pour une petite hauteur d'eau; mais coinme il s'agit ici d une plus grande hauteur, il saur avoir recours à un autre moyen; c'est à quoi je prétends suppléer , avec le secours du moulin à l'eau , do:it je vais donner la description, &- que je suppose être fait pour receper les pilots, à une profondeur de vingt pieds fous les basses eaux, & même davantage si le cas !e requéroit.

Avant de. décrire les pieecs qui composent eewe machine , il convient d'entrer dans le détail des opérations,' qu'il faut prévenir pour asturer la réussite du moulin, & en 175 j. tirer tout lavantage qu'on s'en propose. N°. 492.

L'emplacement de la pile étant déterminé, il sera battu » un fil de pilots dans la partie amont de ladite pile , & à Une distance aflez coniìdérable de la pointe de lavantbec, pour ne point empecher la manœuvre. Ce fil de pilot fera garni de vannages, à l'efsec de détourner le courant del'eau de l'emplacement de la pile à fonder : on observera seulement que ceux dirigés sut ía pointe de l'avant-bec, puitìent s elever lorsqu'on le jugera à propos , pour que là vûesfè de l'eau serve de moteur au moulin ci-après détaillé.

La figure premiere représente le moulin tout monté & vo de face, tel qu'il doit etre apperçu du côté amont. La deuxieme 1c fait voir sur le côré, & la troiíieme est fon plan pris sur les seuils , & laiílc voir celui de la scie. Les lettres alphabétiques , employées à indiquer toutes les parties t font répétées également dans les trois figures : c'est pourquoi on pourra les chercher indifféremment dans toutes |es trois , ayant le même rapport.

Ce moulin étant monté sur le grillage qu'on suppose avoir posé pour diriger remplacement des pilot1s, b, en représente les sections : ce grillage est construit de façon que les cazes font disposées à recevoir les pilots dans la juste position, pour qu'un second grillage , fak sur le premier, recouvre le premier djns toutes ces parties vuides, &quc les sections des longuerir.es avec les traversines, portent parfàuemriu far larete des pilots j une partie de ce piemiex' grillage se voit à la fìg. 3. Je me réserve de parler de la construction d'une pile fondée dans l'eau , dans un petit Ouvrage auquel je travai.le , où ce moulin sera employé pour c i receper les pilots a a, &c., ainsi que les palplan-, ches de bordages par lc meme trait de scie.

Le seuil AB, qui soutient partie du bâtis de la machine3

-" ! ', doit excéder la longueur du grillage d'environ trois pieds

17 5 î. & demi de chaque côté , pout donner le reculement des *• 49l- liens cc, servant à maintenir en respect ladite machine, lorsque la scie se mene dans fa direction parallele audit, seuil , ou , ce qui est de même , perpendiculairement aux: flancs de la pile à tonder. Les moises d, d font pour temême ufage que les susdits liens. Sur ce seuil font élevés quatre poteaux ou jumelles, dont les deux intérieures e , e font destinées à fupporter les tourillons ou essieux coudés de la roue, tandis que les deux extérieuresy',y le font à foutenir la poufléc des deux grands liens , dont un est représenté par la lettre ^ de la fig. 2. Ces liens, assemblés par le bas dans les seuils h, h,S& retenus par les moises J , J, contrebutent l'effort de l'cau qui tendroit à renverser ia machine. Ces seuils , qui font dellus & dans la mème direction que les lorguerines , embraílent les deux si s de pal planches de bordages, cc qui maintient le moulin d;ms une direction perpendiculaire aux mêmes fils de palp'anches : ces quatre jumelles lont retenues à leur lommec, & peu au d :flus des baises eaux par une moise m , qui leur tient lieu de chapeau.

La roue se trouvant entiérement plongée d.rns l'eau , n'auroit aucun mouvement , si les aubarjs étoient de la même const uction que ceux ordinaires; mais chaque planche est mobile lur fa raie par des couplets o, 0, &c. de la hV 1. Cette const uction de roue a été t1csingénieusement inventée par MM. Goílet & de la Deville , P, êtres du Diocese de Laon , & a eu tout le fuccès qu'on pouvoit en delirer dans l'épreuve qui en fut faite à Paris.

Cette roue fait mouvoir deux essieux coudés p, p, & donne un mouvement de vibration à la branche q de la croix verticale c , dont l'extrémiré de ladite branche se termine en rourçhette , &: embraíse un cylindre r de la fig. 3 , qui est attaché au moyen de deux fupports fur lc

milieu milieu de la monture de la scie , ce qui lui donne le mouvement de droite à gauche, dans une direction perpendiculaire aux flancs de la pile.

11 a déjà été dit qu'il seroit établi des vannes pour donner le mouvement à la roue du moulin, par l'etfort du courant qui viendra frapper les aubans de ladite roue : la vîteile qu'on juge suffisante pour faire avancer la machine à meíurc que la scie recepera les pilots, peut être augmentée ou diminuée par le plus ou moins d'ouverture du vannage ; & comme on ne peut rien fixer de ces mesures, les circonstances en faisant changer les esters, on ne peut déterminer l'ouverture desdits vannages, pour être réciproques aux surfaces que la machine oppose à la vîteste du courant: ce font des opérations qu'on pourra faire lorsque ladite vitesse sera connue; il suffit seulement dans ce Mémoire de donner un moyen d'augmenter ou diminuer ladite vitesse, en opposant plus ou moins de surface du moulin , afin de leur donner le rapport qu'il leur convient avec l'ouverture du vannage,

Pour y parvenir, on pratiquera deux portes tournantes D D , qui s'opposeront à la direction du courant, lorsque leurs surfaces seront présentées perpendiculairement audit courant, ainsi qu'elles le font dans la fig. i ; &c au contraire s'il convient diminuer les surfaces au moyen des leviers XX , on peut donner une obliquité plus ou moins grande à ces portes, ce qui diminuera la surface de la machine autant qu'il conviendra. Ces portes n'ont point de vannes pratiquéps dans leurs surfaces, ainsi qu'il est usité dans celles de quelques écluses où elles font employées, ni pareillement de teillure dans les montans & seuils pour leur servir de battement, parce qu'elles font destinées à se mouvoir de tous sens à l'estet de redresser le moulin , s'il perdoit la direction perpendiculaire au courant, ce qui pourroit arriver si la scie faifoit plus de progrès d'un côté que de 1 autre, ou pour d'autre cas , où le bâris frotterait trop Rçc. des Machines. Tome VII. Mm m

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